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Pendant longtemps nous nous aimâmes
Nous forniquions nous forniquâmes
Le petit linge ce fut sans drame
Que nous tombâmes sous son charme
Tous nos fantasmes de dessous
Nous les vivions pour pas un sou
Tu étais dessus j’étais dessous
Tu savais bien là où là où…
J’me sentais bien dans ce boudoir
Comme un écrin dans son tiroir
Comme le café dans sa bouilloire
Je réclamais tes coups-de-boutoir
Ah c’que j’aimais toutes tes fonctions
Ton préchauffage, ma combustion
Ta gestion d’la condensation
Ton bouche à bouche ton beau cordon
Sous ton orage j’étais en nage
J’n’arrivais plus à être sage
Toutes ces dentelles au décollage
Et ces vapeurs à l’atterrissage
Quand tu glissais sur ma surface
Même mes pieds devenaient loquaces
Je grinçais de partout de la carapace
J’faisais face à face à ton audace
Les trucs en soie en pacotille
Tout ce qui habille déshabille
Tout était bon pour qu’on frétille
On s’égosille on s’écarquille
La tragédie a commencé :
Elle a voulu te remplacer
Elle m’a sortie de mon placard
Je t’ai cherché c’était trop tard
Dans la poubelle elle t’a jeté
Ton beau cordon recroquevillé
Tu étais froid comme un lézard
Je suis… une planche à repasser
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Ce n’est plus un fer, c’est une centrale
Il est plus beau que le Baïkal
En une seule fois cet érecteur
Il repasse tout c’est un flambeur
Tu n’réponds plus t’es plus branché
Je suis une planche à repasser
Je dois me faire à cette idée
Je suis faite pour me faire réchauffer
A mon destin je suis fidèle
Si j’aimais bien ta petite ficelle
Je dois aimer ses bagatelles
Quand il éructe c’est nickel
Il est puissant son beau débit
Si j’te dis qu’son autonomie
C’est à chaque fois une heure et demie
Ya pas de faux plis ? qu’c’est bien rempli
C’est une centrale pleine de vapeur
Dès que je le vois il me fait peur
Il est buccal il est brutal
Hydrocéphale piroïdal
Sitôt qu’il crache j’ai la fringale
Il a un jet c’est triomphal
J’me sens une chose subtropicale
J’suis pas nympho !
Paradoxale !
Paroles : Raymond Godefroy
Musique : Patrick Neulat
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