A, B, C, D je disparais
Dans ma maison éparpillée
Je joue encore à la poupée
Sur les grands carreaux du cahier
J’apprends tout juste à colorier
Je suis faite de papier froissé
De Rimbaud et de Mallarmé
Je suis seule comme un mal aimé
Je peine et je suis mal armée
L’amour à tire d’aile nous ment
Comme une ritournelle, va-t’en !
A, B C, D je disparais
E, F, G, H, à la pistache
Un, deux, trois quatre café-théâtre
Cinq, six sept, huit je prends la fuite
Le ciel est bleu comme une orange
Mes yeux de pluie, comme c’est étrange
Neuf, dix, onze, douze quand j’ai le blues
I, J, K, L à la marelle
L’amour à tire d’aile nous ment
Comme une ritournelle, violent
J’ai le cœur aquarelle dedans
Je ne suis pas de celle pourtant
Un peu, beaucoup, à la folie
Comme au jeu de Monopoly
Je ressors toute la panoplie
J’achète, je vends, désobéi
Abécédaire et bulldozer
Terre, cimetière et somnifère
Avant dernière et dictionnaire
Vogue la galère et douce-amère
J’ai le cœur aquarelle dedans
Je ne suis pas de celles pourtant
L’amour à tire d’aile nous ment
Comme une ritournelle, violent
Je suis faite de papier froissé
Je suis Rimbaud et Mallarmé
Je joue encore à la poupée
J’ai pas appris à conjuguer
Dans ma maison éparpillée
Je suis seule comme un mal aimé
Sur les grands carreaux du cahier
A, B C, D je disparais
Paroles : Mayès
Musique : Patrick Neulat